Le projet de reprise d’ARM par Nvidia échoue définitivement

Publié le 25/03/2022
Le projet de reprise d’ARM par Nvidia échoue définitivement

En septembre 2020, Nvidia avait offert 40 milliards de dollars pour racheter ARM. Cependant, l’union entre les deux géants des puces n’aura finalement pas lieu. SoftBank annule définitivement la vente de la société de Cambridge à son homologue américain. En cause, les défis de grande ampleur que représente la cession sur le plan réglementaire.

Après s’être intensifiée depuis janvier dernier, la rumeur se confirme : Nvidia renonce à reprendre ARM. Une nouvelle plutôt mauvaise pour les consultants IT au sein de la firme britannique. En effet, leur possibilité de travailler pour une enseigne de renom que représente l’Américaine s’envole donc avec ce projet. Toutefois, d’autres solutions leur permettent également d’atteindre la même finalité. Ils peuvent notamment chercher des missions sur des plateformes à l’instar de Freelance Informatique.

 

Le 8 février dernier, durant la publication de ses résultats financiers, SoftBank a officialisé l’annulation de la vente. Selon un communiqué co-signé avec la multinationale californienne, cette rétractation s’explique par d’énormes obstacles réglementaires.

Les différentes autorités de régulation bloquent l’opération

Dans les détails, les motifs avancés portent sur les blocages et les différentes enquêtes des différentes autorités de la concurrence. À ce titre, la FTC aux États-Unis avait sapé le projet en décembre 2021 en portant l’affaire devant la justice. Elle a jugé que cette opération risque d’altérer l’innovation et la concurrence en matière de semi-conducteurs. La même année, l’autorité de la concurrence outre-Manche avait formulé quelques réserves. Pour leur part, les superviseurs chinois n’ont pas encore approuvé l’accord pourtant présenté fin 2020.

Le deal n’a pas non plus plu aux concurrents. À noter que cette union offrait un aperçu stratégique de ce que réalisent ses rivaux directs. L’on rappellera qu’ARM développe des jeux d’instructions et des designs de semi-conducteurs. Ensuite, ces derniers sont cédés sous licence à de nombreuses sociétés à l’exemple de Qualcomm, Samsung, Apple, etc. Ces entreprises échangent des renseignements sensibles avec ARM pour les aider à optimiser leurs produits et à les :

  • Entretenir ;
  • Dépanner ;
  • Déboguer ;
  • Expérimenter ;
  • Concevoir ;
  • Développer.

La plupart de ces derniers se situent dans :

  • Les montres, voitures ou autres objets connectés ;
  • Les ordinateurs ;
  • Les smartphones.

ARM sera introduit en bourse d’ici l’année prochaine

Selon Reuters, cet avortement de la fusion entre deux poids lourds des puces ne constitue pas un cas isolé. En 2017/2018, le président américain d’alors, Donald Trump, avait fait obstacle à l’acquisition de Qualcomm par le géant sino-américain Broadcom. Quelques mois plus tard, en guise de réaction, les autorités chinoises ont empêché la cession du Néerlandais NXP à Qualcomm.

En s’abstenant d’acquérir ARM, Nvidia songe à verser 1,25 milliard de dollars à SoftBank. Ce groupe d’investissement japonais affectera ce montant en gain au quatrième trimestre fiscal. L’autre victime collatérale de cette annulation, c’est Simon Segars, le PDG d’ARM. Après s’être dévoué à l’entreprise durant 30 ans, il a posé sa démission. Son poste a ainsi été confié à René Has, ancien vice-président de Nvidia et responsable des brevets d’ARM.

Après ce revers, SoftBank a engagé les procédures d’introduction de la société britannique en bourse. Une opération qui devrait être finalisée au plus tard le 31 mars 2023. Pour conduire ce projet à terme, l’entreprise nippone a désigné un nouveau CEO. Il s’occupera de la gestion de la fin de l’association avortée avec Nvidia et de la préparation des documents financiers. Des dossiers qui débuteront avec de remarquables chiffres. Car entre avril-décembre derniers, ARM a vu ses ventes de propriété industrielle progresser de 40 %.

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