
Les méthodes de développement classiques ne garantissent pas toujours la qualité, ni la durabilité, des logiciels. Ces derniers peuvent être en effet très difficiles à maintenir, avoir des problèmes de code, ou encore être sujets à de multiples bugs. Dans ce contexte, le Software Craftsmanship, artisanat logiciel en français, est conçu pour apporter des solutions pratiques visant à produire des programmes robustes, lisibles et durables.
Freelance-Informatique fait le tour des pratiques, valeurs et bénéfices de cette approche.
Le Software Craftsmanship désigne une approche du développement logiciel qui valorise l’artisanat dans la conception du code et le sens du travail bien fait. Contrairement à une vision purement industrielle du software, ce mouvement encourage les développeurs à concevoir des logiciels plus propres, plus robustes et plus durables. L’idée de l’artisanat logiciel repose sur la volonté de créer du code lisible, cohérent et capable d’évoluer sans s’effondrer sous la dette technique.
Le courant de l’artisanat logiciel apparaît officiellement en 2009 avec la publication du Software Craftsmanship Manifesto. Inspirée par l’Extreme Programming de Kent Beck, méthode agile centrée sur la collaboration, le feedback rapide et les pratiques techniques destinées à produire un code premium, l’approche remet la qualité au cœur du métier de développeur.
L’agile regroupe des méthodes destinées à organiser un projet de développement de façon souple et collaborative. Les équipes IT qui l’appliquent visent à planifier chaque action, à livrer régulièrement et à s’adapter rapidement aux besoins.
Le Software Craftsmanship intervient à un autre niveau : il pousse les développeurs à viser l’excellence technique et à produire du code durable.
Les deux approches se renforcent mutuellement. Elles favorisent les interactions humaines et une philosophie continue du feedback. L’agile fournit le cadre et le rythme, lorsque les pratiques craft garantissent une qualité constante et un logiciel premium.
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Avec une vision exigeante du développement logiciel, le manifeste du Software Craftsmanship encourage les développeurs à dépasser la simple production de “code qui fonctionne” pour viser un “code bien conçu”, pensé pour durer. Ses valeurs reposent sur quatre piliers :
Cette philosophie implique aussi une relation plus mature avec les clients et les équipes. Le développeur n’est plus un exécutant mais un craftsman, impliqué dans la compréhension du besoin et maître de ses techniques. Il travaille main dans la main avec son entourage (pairs, utilisateurs, product owners) pour concevoir des solutions fiables, évolutives et utiles.
Le sens de la communauté est au cœur de cette démarche. Meetups, coding dojos, conférences, groupes d’échange (Java, DDD, métiers du cloud, Software Craft en France, etc.)... autant d’espaces pour apprendre, partager et affiner ses pratiques. Des figures comme Sandro Mancuso, Cyrille Martraire, Houssam Fakih ou Fabien Hiegel contribuent à diffuser cette culture du métier où la transmission et l’entraide sont aussi importantes que la technique elle-même.
Le Software Craftsmanship s’appuie sur un ensemble de techniques conçues pour renforcer la qualité du logiciel et encourager une approche plus réfléchie du développement.
Le Test Driven Development (TDD) consiste à rédiger un test avant d’écrire la moindre ligne de code. Cette démarche oblige l’artisan développeur à clarifier l’intention du codage, ce qui réduit les erreurs et produit un logiciel mieux structuré. Ces tests unitaires, ou de performance, guident alors la conception, facilitent le refactoring, favorisent la maintenance applicative et soutiennent l’application des principes de la clean architecture au code.
Le clean code repose sur des règles simples :
Popularisés par le livre Clean Code, ces principes encouragent une base de code lisible et facile à maintenir.
De plus, pour éviter l’accumulation de dette technique, un refactoring est effectué de manière régulière, pour chaque ligne de code et chaque firmware. Cela consiste à réorganiser et à améliorer la structure interne d’un code en continu sans en modifier le comportement, afin de le rendre plus lisible, propre et simple à maintenir.
D’ailleurs, une structure de code bien pensée facilite le refactoring et la modularité, comme le montre l’architecture hexagonale qui permet de séparer clairement la logique métier des interfaces et de rendre le logiciel plus robuste et évolutif.
Travailler à deux ou en groupe améliore la qualité du code et accélère le partage des pratiques. Héritées de l’Extreme Programming, ces approches renforcent la collaboration et favorisent une meilleure prise de décision technique, notamment grâce à la synchronisation des recettes fonctionnelles.
Le Domain-Driven Design (DDD) place la logique métier au centre du développement. En s’appuyant sur un langage commun entre experts métier (logisticiens, industriels, spécialistes IA, ingénieur informatique ou encore professionnels du e-commerce) et développeurs, il aide à concevoir un logiciel cohérent et aligné sur les besoins réels, même pour concevoir des SAP (Systèmes, Applications et Products dans le traitement de données), si complexes soient-ils.
Le Behavior Driven Development (BDD) va plus loin en décrivant les tests sous forme de comportements métier. Cette méthode favorise la compréhension du besoin et assure un produit final plus proche de toutes les attentes des utilisateurs, même celles qu’ils n’ont pas su exprimer. Le Story mapping, par exemple, est un outil qui aide les techniciens à comprendre les usagers pour coder des logiciels sur mesure, notamment en adaptant l’UI et l’UX de l’interface et en prenant en compte le projet de transformation digitale de la structure.
Le Software Craftsmanship considère le développement logiciel dans toutes ses dimensions : la technique, l’organisation et l’humain. Il vise un résultat global robuste, tout en respectant les besoins de chaque partie prenante impliquée dans le projet informatique.
Les praticiens montent rapidement en compétences en apprenant les uns des autres, grâce à l’amélioration continue et à une remise en question systématique. Ils cultivent la fierté du travail bien fait et développent une vraie culture du code propre, où chaque choix technique compte.
Les produits générés du Software Craftsmanship comportent moins de bugs et offrent une meilleure stabilité. Les coûts restent maîtrisés, car le code propre se corrige plus vite et s’adapte plus facilement. De plus, ces logiciels gagnent en longévité, en évolutivité et soutiennent mieux la croissance du projet.
Les échanges s’améliorent grâce au pair programming, aux revues de code et à la transparence des pratiques. La transmission des savoir-faire, formelle dans un projet informatique classique, devient naturelle et renforce l’intelligence collective. Peu à peu, une véritable culture craft et artisanale s’installe faisant progresser l’ensemble du groupe.
Dans le cadre du Software Craftsmanship, l’intelligence artificielle devient un outil pour augmenter la productivité et la qualité du code, comme dans de nombreux domaines tels que les robots médicaux ou l’infrastructure informatique, par exemple. Le contrôle, en revanche, reste entre les mains de l’artisan développeur.
L’IA générative assiste le technicien expert à plusieurs niveaux :
Ainsi, l’IA complète, mais ne remplace jamais, l’expertise et le jugement d’un développeur engagé dans le craft. Les décisions critiques, la conception et l’alignement avec le métier lui reviennent.
Commencez par vous familiariser avec les principes de base : TDD, clean code, refactoring. Pratiquez sur vos projets, participez à des coding dojos et rejoignez des communautés de développeurs pour partager et apprendre des autres artisans logiciel. Proposez vos services sur des plateformes freelance pour mettre en pratique les compétences acquises au profit de divers clients.
Oui, le Software Craftsmanship est adapté à tous les projets, mais l’intensité de son application dépend de la taille et de la complexité du projet. Même sur des missions freelances courtes ou simples, adopter les bonnes pratiques améliore la qualité, réduit les bugs et facilite la maintenance.
Parmi les références incontournables, on peut citer :