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Gestion des habilitations : guide pratique de mise en place

Publié il y a 6 jours
Gestion des habilitations : guide pratique de mise en place

80 % des risques de sécurité sont dus à des erreurs de configuration, selon un rapport de XM Cyber. L'étude révèle aussi que les entreprises ont généralement environ 15 000 vulnérabilités disséminées dans leur environnement, failles que des attaquants compétents peuvent facilement exploiter.

La gestion des habilitations prend une ampleur critique dans les environnements informatiques hétérogènes et ouverts, comme le cloud, où la sécurité des données est constamment menacée par des cyberattaques sophistiquées.

Dans ce guide, Freelance Informatique vous donne toutes les clés pour mettre en place une gestion efficace des accès et des autorisations au sein d’un Système d'Information (SI).

Qu’est-ce que la gestion des habilitations ?

Au sein d’un système informatique, la gestion des habilitations, également appelée gestion des permissions ou gestion des privilèges, est un ensemble de processus qui définit et contrôle les droits d’accès des utilisateurs à diverses ressources (applications, données, endpoints, etc.). Son objectif est de s’assurer que chaque usager dispose uniquement des autorisations dont il a besoin pour accomplir ses propres tâches.

Pourquoi cela ? Pour plusieurs raisons :

  • Sécurité du SI : limiter les accès aux seules données nécessaires réduit les dangers de cyberattaques ;
  • Réduction des erreurs humaines : empêcher les actions non maîtrisées minimise les erreurs potentielles périlleuses pour l'intégrité des données et des systèmes ;
  • Conformité légale : les réglementations en matière de protection données, telles que le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) en Europe, exigent une gestion stricte des accès pour protéger les informations sensibles, stockées dans le cloud ou dans des bandes LTO par exemple ;
  • Efficacité opérationnelle : une gestion granulaire des habilitations garantit que les utilisateurs ne sont pas submergés par des informations ou des fonctionnalités inutiles ;
  • Prévention des abus de privilèges : en surveillant et en révisant régulièrement les permissions, ces abus sont évités. Ces derniers peuvent entraîner des pertes financières ou des atteintes à la réputation de l’entreprise.

Les principes fondamentaux en matière de droits et de gestion des accès

La gestion des habilitations repose sur des principes clés qui, appliqués avec rigueur, permettent de créer un environnement sécurisé, où les risques sont minimisés et les opérations optimisées.

Le principe de moindre privilège

Le principe de moindre privilège stipule qu'un utilisateur ne doit disposer que des droits strictement nécessaires à l'exécution de ses missions. L’objectif ? Réduire les menaces de compromission. Il revient alors aux managers de définir les accès des parties prenantes aux différents procédés, appareils et applications, afin de sécuriser le SI.

La séparation des tâches

Cumuler des droits incompatibles pour un seul utilisateur peut engendrer des erreurs ou mener à des fraudes. Par exemple, un utilisateur ne devrait pas être en mesure d'initier, de valider et de contrôler une même opération. La séparation des tâches, ou Segregation of Duties (SOD) en anglais, devient critique dans les secteurs réglementés, comme la finance, où le respect de ce principe est souvent obligatoire.

La gestion des comptes privilégiés

Les comptes privilégiés, détenus par les responsables et managers, donnent accès à un niveau d’habilitation élevé, comme la création, la modification ou la suppression de comptes utilisateurs et l'accès à des configurations sensibles ou des données confidentielles. Une gestion rigoureuse et une surveillance continue de ces comptes sont indispensables pour limiter les dangers associés à leur compromission.

La politique de gestion des habilitations

La politique mise en place doit être bien définie, documentée et réexaminée régulièrement. Elle inclut :

  • Des directives sur l'attribution des accès ;
  • Les procédures de traitement pour l'arrivée, le départ ou la mutation des collaborateurs ;
  • Les sanctions en cas de non-respect des mesures de sécurité.

Une politique claire aide à maintenir un contrôle strict et à assurer la conformité aux réglementations en vigueur, telles que celles définies par la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés).

10 étapes à suivre pour la gestion des habilitations

Voici les 10 étapes à suivre pour une approche méthodique et l'utilisation d'outils adaptés.

1. Créer un référentiel unique d'utilisateurs

Le point de départ est un annuaire centralisé qui regroupe toutes les personnes ayant accès à vos systèmes, internes et externes. Cette étape implique une collaboration étroite avec les ressources humaines pour synchroniser les informations du SIRH (Système d’Information des Ressources Humaines) avec l'Active Directory (AD) qui permet de gérer les permissions et de contrôler les accès. Maintenir ce référentiel constamment à jour est essentiel pour refléter les changements dans les effectifs et les rôles.

2. Segmenter les utilisateurs

Une fois le référentiel en place, il faut segmenter les utilisateurs en groupes en fonction de leurs rôles respectifs. Cette segmentation peut se faire via le modèle RBAC (Role-Based Access Control), avec des outils comme SailPoint ou Okta. Une vigilance particulière doit être portée aux intervenants externes en raison de leur sensibilisation potentiellement moindre aux règles de protection internes.

3. Appliquer le principe du moindre privilège

Il faut attribuer à chaque utilisateur uniquement les droits nécessaires à l'accomplissement de ses tâches. En collaboration avec les managers, définissez les besoins précis de chaque groupe. Utiliser des solutions comme BeyondTrust permet de gérer et de surveiller les accès privilégiés, sans accorder de droits excessifs.

4. Charger les bonnes personnes de valider les droits et les accès

Règle stricte à respecter absolument : aucune auto-habilitation ne doit être possible. Personne ne doit pouvoir s’attribuer des droits ou des accès. Des outils de workflow, processus de traitement de données, comme ServiceNow, peuvent automatiser et suivre ces politiques d'approbation, assurant une traçabilité et une clarté des validations.

5. Suivre les mobilités internes

Il est important que le SI suive les mouvements internes, tels que les promotions ou changements de poste, pour ajuster les habilitations en conséquence. Ivanti Identity Director, par exemple, aide à gérer le cycle de vie des utilisateurs, en veillant à ce que les droits soient correctement alignés avec les nouveaux rôles.

6. Formaliser et auditer le processus d’habilitation

Tout nouvel employé doit être intégré dans les groupes prédéfinis et chaque changement de poste doit faire l’objet d'une révision des droits. Pour mettre en place une procédure d’habilitation claire, documentée et auditable, utilisez des solutions IAM (Identity and Access Management) comme IBM Security Identity Governance. Cela garantit la traçabilité et l’audit des accès.

7. Hiérarchiser et prioriser les informations sensibles

Classifiez les ressources et les logiciels selon leur sensibilité, concentrez vos efforts sur les applications et les groupes de membres les plus critiques et implémentez des mesures de contrôle renforcé pour ces éléments prioritaires. Des outils comme Varonis facilitent l’analyse et la protection des données sensibles.

8. Assurer la traçabilité des privilèges

Pour une gestion des privilèges efficace, il faut savoir précisément qui a accès à quoi. Une solution IAM permet un suivi automatisé, mais un processus manuel via un fichier Excel est aussi possible. Quoi qu’il en soit, connaître l'ensemble des habilitations d'un utilisateur facilite les audits, renforce la sécurité de l'entreprise et améliore les échanges internes.

La traçabilité des privilèges implique l'attribution d'un identifiant unique à chaque utilisateur. En outre, il est important de suivre les connexions et les accès, pour contrôler et gérer efficacement les droits d'accès.

9. Contrôler et adapter régulièrement

Un plan de gestion des habilitations doit être flexible et évoluer. Les ressources et les employés de l'entreprise changent, les groupes et les métiers évoluent, tout comme le contexte extérieur. Cela implique des contrôles rigoureux en amont pour valider ou réévaluer les autorisations et en aval pour surveiller les accès, mais aussi pour procéder à des sanctions en cas de non-respect des règles.

N’oubliez pas de relativiser ! Le niveau d’encadrement doit être proportionné au risque encouru pour éviter une surveillance excessive des utilisateurs ayant peu d'accès et de droits.

10. Sensibiliser et convaincre

Pour garantir le succès de votre plan, sensibilisez tous les acteurs (service informatique, managers, employés) à l’importance de la gestion des habilitations. Des formations régulières et des campagnes de sensibilisation permettent d’ancrer les bonnes pratiques. Utilisez des plateformes, comme KnowBe4, pour la formation continue en cybersécurité.

Points de vigilance : les pratiques à proscrire dans la gestion des habilitations

Certaines pratiques doivent absolument être évitées :

  • Accorder des droits d'administrateurs à des utilisateurs n'en ayant pas besoin, créant des brèches importantes pour l’intégrité de l’entreprise ;
  • Fournir des privilèges d'administration durant plus longtemps que nécessaire ;
  • Laisser actives des autorisations temporaires accordées à un utilisateur (par exemple pour un remplacement) ;
  • Donner à des usagers plus de privilèges que nécessaire ;
  • Utiliser des comptes partagés sans tracer les exceptions, sans validation appropriée des responsables et sans révision régulière ;
  • Ne pas supprimer les comptes des employés ayant quitté l'entreprise ;
  • Ne pas modifier les accès et autorisations des personnes ayant changé de fonction ou de statut ;
  • Ne pas remettre en question la politique d'accès ;
  • Négliger le suivi du cycle de vie d'un utilisateur et la mise à jour de ses accès en conséquence.

Perspectives futures dans la gestion des droits d’accès et des autorisations

L’augmentation des attaques contre les SI fait de la gestion des droits d’accès et des autorisations une question centrale. L’évolution rapide des technologies permet d’optimiser les procédés et d’augmenter leur efficacité.

L’impact de l'intelligence artificielle et du machine learning

L'Intelligence Artificielle (IA) et le Machine Learning (ML) permettent une analyse proactive des comportements des utilisateurs, identifiant les anomalies de manière plus précise. De plus, leur capacité à détecter les menaces en temps réel renforce la sécurité tout en réduisant la dépendance à des règles statiques.

Les algorithmes de ML facilitent l'automatisation des processus de gestion des droits en optimisant l'attribution des privilèges en fonction du comportement et des besoins des utilisateurs, ce qui renforce la conformité et la protection globale des systèmes. Ces technologies ne cessent d’évoluer pour augmenter leur efficacité.

Les environnements cloud et hybrides

Avec la migration croissante vers des environnements cloud et hybrides, la gestion des habilitations doit s'adapter à ces nouvelles architectures. Les défis incluent la gestion des identités à travers plusieurs plateformes, la sauvegarde des données dans des infrastructures partagées et l'intégration des politiques de sécurité entre les systèmes internes et ceux hébergés dans le cloud.

Les solutions IAM évoluent pour répondre à ces besoins en offrant des fonctionnalités de gestion unifiée des identités, de contrôle des accès basés sur les rôles et de surveillance continue des activités à travers tous les environnements informatiques de l'entreprise.

Les réglementations et standards à venir

Les réglementations sur la protection des données personnelles et sur la sécurité informatique continuent d'évoluer à travers le monde, influençant directement les pratiques de gestion des habilitations. Les entreprises doivent non seulement se conformer à ces réglementations actuelles, mais également se préparer aux nouvelles lois à venir qui pourraient renforcer encore davantage les exigences de transparence, de contrôle et de responsabilité.

Ce qu’il faut retenir pour assurer une bonne gestion des habilitations

Les bonnes pratiques à mettre en place sont les suivantes :

  • Recenser tous les utilisateurs (internes et externes) d’un système d’information ;
  • Lister les applications et processus qui le composent ;
  • Définir les droits et accès de chaque usager dans la limite stricte de ses besoins ;
  • Mettre à jour les autorisations pour suivre l’évolution des activités opérationnelles ;
  • Prendre en compte l’évolution des réglementations en matière de données personnelles telles que le RGPD ;
  • Suivre les mobilités internes et externes en temps réel ;
  • Utiliser des outils dédiés pour faciliter et accélérer les procédés ;
  • Assurer une surveillance continue de la gestion des habilitations afin de maximiser la protection du SI.
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