Indépendants et entrepreneurs : Quels financements et aides pour débuter ?

Publié le 01/06/2021
Indépendants et entrepreneurs : Quels financements et aides pour débuter ?

Que ce soit pour exercer une profession libérale ou commerciale ou encore artisanale, lors de la création d’une entreprise, les indépendants mobilisent leurs fonds propres, mais peuvent aussi bénéficier de subventions et d’allégements fiscaux et sociaux.

Financer son projet d’entreprise

Le financement dépendra de la situation personnelle de l’entrepreneur, de ses ressources ainsi que des caractéristiques du projet. Il se composera de différentes manières :

Un apport personnel

Indispensable, il représente environ 30 % de l'ensemble des moyens financiers. L’épargne personnelle pourra être renforcée par les aides proposées par l’état, mais également par des dons ou des prêts de proches sollicités pour le projet.

Un prêt d’honneur

Deux réseaux nationaux (Initiative France et Réseau Entreprendre) accordent des prêts à taux zéro sous conditions. Ils viennent compléter l’apport sans versement d’intérêts. Leur obtention rassure également les banques auprès desquelles le créateur pourrait solliciter un prêt.

Le financement participatif

Les plateformes de « crowdfunding » permettent de recueillir des dons en échange de contreparties symboliques telles que des précommandes. Elles servent également à tester la validité du projet grâce à l’accueil qui lui sera réservé. Les fonds récoltés restent toutefois souvent très modestes.

Les investisseurs

La création de certaines startups innovantes intéresse particulièrement des entreprises qui proposent de les financer à travers des partenariats. Cela peut être un levier pour de se lancer rapidement. Toutefois, cette forme de liens entraîne une perte de contrôle au profit de ce tiers qui aura ensuite un droit de regard sur les décisions.

Le microcrédit

L’ADI (association pour le droit à l’initiative économique) propose des crédits d’un montant réduit (10 000 € maximum) pour faciliter des projets non soutenus par les banques. Les prêts sont accordés en fonction de la motivation, des compétences et du potentiel estimé.

Le prêt bancaire

La plupart du temps, le créateur d’entreprise sollicite un prêt auprès de sa banque. Le dossier devra être particulièrement bien étudié et présenter des garanties convaincantes et rassurantes. La démarche est souvent longue et nécessite, entre autres, un business plan validé par un conseil expert-comptable.

Le crédit-bail (ou location longue durée)

Certaines activités nécessitent du gros matériel ou des locaux spécifiques, le crédit-bail pourra permettre d’acquérir des biens sans avoir recours à des fonds trop importants dès le départ. 

Avant de devenir indépendant ou créer son entreprise, il est important de s’informer au plus tôt, car les démarches doivent être réalisées auprès des organismes en amont du projet. 

Les aides financières et sociales

Pôle emploi

Pôle emploi propose plusieurs dispositifs afin de faciliter le retour des travailleurs à l’emploi :

Un chômeur indemnisé peut bénéficier de l’ARCE (aide à la reprise ou à la création d’entreprise). Celui-ci recevra 45 % du reliquat de ses droits au chômage sous forme de capital en deux versements.

Il peut également opter pour le maintien des allocations. Cela permettra de les cumuler avec les premiers revenus de son entreprise tant que la somme des deux n’excède pas son précédent salaire.

Les artisans qui suivent une formation dans le cadre de leur projet peuvent demander à bénéficier de l’AIF (Aide individuelle à la formation professionnelle). 

L’aide à la création d’entreprise en faveur des personnes handicapées

Dans le cadre de l’économie sociale et solidaire, l’Agefiph apporte une aide de 5 000 euros aux créateurs d’entreprise handicapés pour initier leur activité. Pour en bénéficier, il faudra être accompagné par un spécialiste labellisé. 

Cap’jeunes

Les jeunes créateurs d’entreprise de moins de 26 ans, demandeurs d’emploi, peuvent faire appel au dispositif Cap’jeunes par le réseau France Active pour recevoir une prime de 2000 € et un accompagnement dans leurs premières démarches. Un service de garantie de prêts bancaires existe également.

Les exonérations de charges sociales ou fiscales

Les indépendants peuvent également bénéficier d’allégement de charges sociales et fiscales.

L’ACRE 

L’aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise consiste en une exonération partielle des charges sociales pendant les 12 premiers mois d’activité. Celle-ci sera totale ou dégressive en fonction des revenus. Sont concernées les cotisations à l’assurance maladie, la maternité, l’invalidité et le décès, les prestations familiales et enfin, l’assurance vieillesse.

L’exonération de la CFE

La première année d’activité, l’administration fiscale exonère les nouvelles entreprises de CFE (cotisation foncière des entreprises).

Les crédits d’impôt

L’administration fiscale permet également différents crédits impôt

Le plus connu est le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi). Cet avantage offre une exonération des cotisations sociales patronales de 6 % pour leurs salariés dont la rémunération ne dépasse pas 2,5 SMIC. 

Les activités de recherche et de développement peuvent prétendre au CIR (crédit d’impôt recherche). Celui-ci concerne les dépenses au sein de l’espace économique européen et s’élève de 5 à 30 % en fonction des montants engagés.

Les exonérations en ZRR

Les entreprises qui s’implantent dans les ZRR (zones de revitalisation rurale) peuvent bénéficier temporairement d’exonération :

  • d’impôts sur le revenu (ou sur les sociétés en fonction de votre mode d’imposition),
  • de taxe foncière sur les propriétés bâties,
  • de taxe d’habitation, 
  • de cotisations patronales d’assurances sociales et d’allocations familiales.

Les concours régionaux ou nationaux à la création d’entreprise

Les régions et l’état organisent régulièrement des concours à la création d’entreprise qui mettent en jeu des bourses financières, des prestations de service ou un accompagnement adéquat. D’autre part, ils permettent de rencontrer d’autres acteurs du secteur et d’étendre ainsi son réseau. Ils offrent également un bond pour la notoriété puisque ces événements sont couverts par la presse.

La protection sociale des indépendants

Depuis le 1er janvier 2020, la protection sociale des travailleurs indépendants relève du régime de sécurité sociale général. Cette affiliation est automatique et la couverture des frais de santé est donc assurée par la CPAM (caisse primaire d’assurance maladie). Le Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants est chargé de la bonne application des règles de sécurité sociale des indépendants. Les cotisations sociales sont prélevées par prélèvement mensuel ou trimestriel.

Les taux de remboursement maladie sont les mêmes que pour les salariés. 

Les artisans, commerçants et professionnels libéraux devront avoir cotisé un an pour bénéficier d’indemnités journalières lors d’un arrêt de travail pour maladie ou accident. Elles se situent entre 22,20 € et 55,51 €.

Les femmes enceintes reçoivent une allocation de repos maternel versée en 2 fois pour compenser une partie la diminution de l’activité. Elle s’élève à 3 428 euros en 2021. En cas d’interruption d’activité professionnelle pendant au moins 8 semaines, une indemnité journalière forfaitaire d’un montant de 56,35 euros est prévue.

Lorsque les revenus des travailleurs indépendants s’avèrent très faibles, ils ont accès à la C2S (complémentaire santé solidaire) qui permet de bénéficier d’une mutuelle gratuite et d’une dispense d’avance sur les frais liés aux soins.

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