
L’intelligence artificielle révolutionne le développement low-code et no-code. Depuis 2025, le “vibe coding” illustre le basculement du développement logiciel artisanal vers une production industrielle assistée par l’IA. 41 % du code informatique mondial a fait l’objet d’une génération par cette nouvelle technologie. Cette estimation est issue d’une étude relayée par Second Talent, basée sur la part de code suggéré ou généré par des assistants IA dans des environnements de développement.
Dans cet article, nous analysons le processus du “vibe coding”, ses outils, ses limites et son impact sur le métier de développeur freelance.
Popularisé en février 2025 par le cofondateur d’OpenAi, Andrej Karpathy, le terme “vibe coding” consiste à laisser l’IA la responsabilité du codage. Celle-ci se présente sous la forme d’un grand modèle de langage (LLM). Il s’agit un modèle statistique de langage capable de prédire des séquences de tokens à partir de probabilités apprises sur de vastes corpus de code qu’il génère. Cette technologie se retrouve dans des solutions récentes comme Claude 3.5 Sonnet (Anthropic) et GPT-5 (OpenAI).
Le développeur passe d’une programmation assistée par l’IA, où il corrige activement le code généré, au “vibe coding”. Dans ce processus, le moteur génératif produit l’essentiel du code et le développeur se concentre principalement sur la formulation du besoin et l’évaluation du résultat. Sa “vibe” désigne une validation professionnelle fondée non seulement sur un ressenti global, mais aussi sur des critères objectifs :
D’après les statistiques publiées sur Second Talent, le marché mondial des plateformes de “vibe coding” était estimé à 4,7 milliards de dollars en 2025. Ces outils ne répondent pas aux mêmes besoins des utilisateurs, selon leur compétence en programmation. On peut les classer en deux grandes catégories.
Un Environnement de Développement Intégré (IDE) est une application qui aide le programmeur à simplifier et accélérer le développement d’un logiciel complexe. Il regroupe diverses fonctionnalités comme un éditeur de code source, des outils d’automatisation ou de débogage. Cette offre permet aux freelances de réduire leur temps de mise sur le marché pour des Produits Minimaux Viables (MVP).
Cursor figure parmi les outils les plus cités dans diverses sources relatives au “vibe coding”. Basé sur VS Code, sa fonctionnalité “Composer” est utilisée pour éditer plusieurs fichiers en langage naturel. Dans un post publié sur le réseau social X en février 2025, Karpathy lui-même déclare qu’il combine cet outil avec le modèle Claude Sonnet pour sa programmation.
D’autres plateformes proposent des solutions alternatives à celle de Cursor comme :
Contrairement aux IDE augmentés par l’IA destinés aux développeurs expérimentés, d’autres outils visent à démocratiser le développement logiciel. Cette accessibilité est rendue possible grâce à la pratique du No-Code, qui facilite la programmation d’une application quel que soit le niveau en programmation de l’utilisateur. Celui-ci décrit son besoin en langage naturel et l’Intelligence Artificielle construit automatiquement l’architecture technique, le code et l’infrastructure de l’application.
Important : même avec ces outils, la qualité du résultat dépend fortement de la structuration du besoin, des itérations et de la validation humaine.
Quatre outils sont généralement sélectionnés en raison de leur forte adoption par les freelances et leur présence récurrente dans les retours d’expérience liés au “vibe coding”. Bolt.new est un éditeur de code web simplifié capable de générer le front-end, le back-end et la base de données d’une application directement dans le navigateur. Il est apprécié pour ses démonstrations clients rapides et son déploiement simplifié en un clic.
Lovable est développé par une startup européenne et se distingue par sa capacité à produire rapidement des interfaces cohérentes pour l’expérience utilisateur (UX). Il s’oriente davantage vers le design que la logique métier ou l’architecture back-end. v0, conçu par Vercel, génère des composants React et Next.js prêts à être déployés. Les interfaces sont rapidement générées et peuvent être réutilisées. Enfin, Replit propose un véritable service cloud qui prend en charge la génération du code, l’hébergement, l’exécution et le déploiement de l’application.
Grâce à l’assistance IA et aux outils de code modernes, un développeur freelance peut passer d’une idée à des applications fonctionnelles en quelques heures. La génération automatique d’une architecture de base, la gestion du fichier, la configuration du cloud et le déploiement de l’application permettent de coder plus vite. Grâce à cette délégation, une startup peut se concentrer sur l’expérience utilisateur (UX) ou la logique métier de son application en cours de développement.
Néanmoins, cette accélération du processus de codagen’est pas sans risques. Malgré l’apprentissage continu de l’IA,les utilisateurs se confrontent rapidement aux limites de ChatGPT en matière de détection des failles dans le code. Une étude de CodeRabbit en 2025 démontre que le code co-écrit par IA contient 2,74 fois plus de problèmes de sécurité qu’un code humain.
Par conséquent, sans validation humaine, certaines applications deviennent difficiles à maintenir et à faire évoluer, créant du “Slop Code”. Pour éviter de s’y perdre, le développeur doit compléter chaque fonction, réaliser un test, contrôler les données et vérifier que les solutions générées restent robustes, une fois déployées sur le cloud.
Face à ces limites, Karpathy défend l’évolution du “vibe coding” pur en “Agentic Engineering”. Le développeur ne passe plus son temps à coder chaque ligne, mais orchestre un processus complet de génération, de tests et de validation. Il considère son grand modèle de langage comme un “développeur junior infatigable, mais sujet aux erreurs.”
L’approche “Trust but verify” (faites confiance, mais vérifiez) est cohérente avec l’essor de l’IA générative et le rôle clé du prompt engineering. L’ingénieur supervise la création, analyse les données, impose des tests automatisés et contrôle l’affichage final des applications avant de les déployer. De son côté, l’agent humain doit apprendre à formuler des instructions précises, à décomposer des problèmes complexes et à utiliser le Markdown pour structurer la pensée de son agent IA.
Même si le “vibe coding” accélère la création d’applications web, l’humain reste responsable du processus technique, de la sécurité, des tests et de la validation finale. Les utilisateurs peuvent envoyer une requête en langage naturel, mais un professionnel doit vérifier chaque fonction, chaque ligne de codage et chaque fichier produit.
Dans le monde professionnel, l’IA agit davantage comme une assistance avancée que comme un remplaçant complet du développeur.
Oui, à condition de suivre une formation. Un profil débutant peut aujourd’hui coder et déployer rapidement des produits grâce aux plateformes cloud et aux solutions de génération IA. Cependant, comprendre les données, avoir le niveau technique et appliquer les bons tests restent des compétences indispensables.
Sans compréhension du processus, les applications générées par IA risquent de devenir difficiles à maintenant dans un studio ou une équipe réelle.
Le freelance passe d’un rôle d’exécutant du codage à celui de chef d’orchestre de solutions IA. L’objectif n’est plus seulement de coder, mais de gérer la créativité, la gestion de fichier, l’affichage des interfaces web et la cohérence globale des produits. Des outils comme Copilot permettent d’accélérer chaque test, chaque fonction et chaque phase de création, tout en laissant au développeur la responsabilité du résultat final.