
Être freelance IT en 2026 relève davantage de la norme que de l’exception. Selon les études relayées par le groupe Morgan Philips, la France comptait environ 1,3 millions de freelances en 2025, dont plus de 120 000 dans l’IT. En 2026, le nombre d’indépendants devrait dépasser 1,5 millionsd’actifs et les missions ITdevraient augmenter de 40 % par rapport à 2025.
Pour facturer les clients et exercer son activité d’indépendant en toute légalité, un statut juridique est nécessaire. Il en existe plusieurs, chacun disposant de ses avantages et inconvénients. Une question cruciale se pose au moment de la création de votre entreprise :
quel statut de freelance choisir selon ses objectifs de chiffre d’affaires et ses besoins en protection sociale ?
La micro-entreprise (ou auto-entreprise) est le statut privilégié par une majorité de freelances. Selon une étude 404Works citée par les Makers, 76 % d’entre eux adoptent ce régime contre 18 % en société et 6 % en portage salarial.
L’attrait de ce dernier est lié à son régime fiscal et social ultra-simplifié. La création de la micro-entreprise s’effectue gratuitement et rapidement en ligne sur le Guichet unique. Les cotisations sociales sont calculées en fonction du chiffre d’affaires déclaré sur une période donnée (mensuelle ou trimestrielle). Leur pourcentage dépend de la nature de l’activité :
Les prestations de services informatiques relèvent principalement du BNC. Par conséquent, aucune TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) n’est facturée jusqu’au seuil de 37 500 € de CA annuel. Un seuil de tolérance, fixé à 41 250 €, permet à l’entrepreneur de conserver sa franchise de TVA pour l’année suivante.
La micro-entreprise convient à un développeur web, à un consultant IT ou un UX/UI designer qui travaille à domicile avec peu de frais. Ces derniers se résument à son ordinateur, sa connexion internet et quelques abonnements SaaS. Ce statut permet de tester son activité et de cumuler CDI et freelance pour garantir sa sécurité financière.
Toutefois, le travailleur indépendant ne doit pas dépasser un CA annuel de 77 700 € pour conserver son statut d’auto-entrepreneur. Il ne peut déduire ses frais professionnels réels de son chiffre d’affaires et sa protection sociale reste minimale, avec une couverture retraite limitée et aucune assurance chômage.
Si vous dépassez les plafonds de la micro-entreprise, mais que vous ne souhaitez pas basculer dans un statut juridique trop complexe, l’entreprise individuelle est tout indiquée. Les freelances confirmés génèrent un chiffre d’affaires important et se dégagent un revenu plus stable. Leur patrimoine personnel et leur patrimoine professionnel sont automatiquement séparés suite à la réforme du 15 mai 2022 ayant aboli l’Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée (EIRL).
Toutefois, ils ont besoin de déduire leurs charges réelles pour concentrer leur imposition sur les bénéfices réels. Lorsqu’on souhaite devenir freelance en informatique, les frais professionnels sont primordiaux pour effectuer des prestations de qualité. Ils incluent :
Au-delà de ces investissements, les charges sociales sont plus élevées : elles représentent 44 % à 45 % du revenu imposable, contre 22 % pour une micro-entreprise. La gestion de la trésorerie est si intense qu’elle nécessite l’accompagnement d’un expert-comptable pour tenir un bilan annuel et un compte de résultat.
Une société unipersonnelle est le meilleur statut pour structurer solidement son activité, optimiser sa fiscalité et se donner la possibilité d’accueillir des associés. Le choix se porte entre deux statuts juridiques.
L’EURL correspond à une Société À Responsabilité Limitée (SARL) dotée d’un associé unique - en l'occurrence, le travailleur indépendant. En tant que personne morale, il protège son patrimoine personnel en le distinguant de son patrimoine professionnel. Il est en capacité de se verser un revenu et, grâce à son régime des Travailleurs Non Salariés (TNS), les cotisations sociales représentent 45 % de son salaire.
Les clients considèrent cette entreprise comme plus crédible et sûre de son activité lorsqu’ils s’engagent sur un contrat de prestation. Malgré cette réputation plus solide, les formalités de création et de gestion d’une EURL s’avèrent complexes, entre la rédaction des statuts et les frais administratifs. Dans une société soumise à l’Impôt sur les Sociétés (IS), les dividendes versés à l’associé unique sont soumis à des cotisations sociales uniquement pour la partie qui dépasse 10 % du capital social.
La SASU est la forme unipersonnelle de la SAS (Société par Actions Simplifiée). Le travailleur indépendant bénéficie du statut d’assimilé salarié qui lui garantit une protection sociale comparable à celle d’un salarié. Le dirigeant de la société, reconnu comme “président”, définit les règles de fonctionnement de son entreprise. Son revenu se compose de son salaire et d’éventuels dividendes non soumis aux cotisations sociales de l’URSSAF.
La protection sociale optimale du freelance en SASU est rendue possible grâce aux charges sociales prélevées sur la rémunération du freelance dirigeant. Elles représentent environ 75 % de son salaire net. Comme pour l’EURL, la création et la gestion d’une SASU impliquent des formalités complexes et coûteuses.
Vous hésitez entre freelance et CDI pour la poursuite de votre carrière professionnelle ? Le portage salarial offre une alternative sécurisante. Il repose sur un contrat tripartite entre le freelance, ses clients et une société de portage. Celle-ci se charge des tâches administratives (devis, factures) et verse un salaire au freelance après en avoir déduit ses frais de gestion.
Le freelance cherche ses missions, négocie ses tarifs et bénéficie de tous les avantages d’un salarié. Grâce à sa fiche de paie, il conserve ses droits à l’Assurance maladie, l’assurance retraite et son droit au chômage. Toutefois, le salaire net du freelance en portage salarial peut correspondre à 50 % de son chiffre d’affaires à cause des frais de gestion et des cotisations patronales et salariales.
Pour mieux vous guider dans votre stratégie de développement d’entreprise, nous vous proposons ce simulateur de statut freelance. Après avoir renseigné votre chiffre d’affaires et vos charges, il détermine votre salaire pour chaque statut juridique et vous propose la société la plus optimale. Cet outil bénéficie des mises à jour légales et juridiques grâce à notre partenariat avec l’Expert-Comptable.com.
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L’Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée (EIRL) a été supprimée suite à la loi du 14 février 2022. Ce texte a été adopté pour mieux protéger le patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel et simplifier les formalités auprès des registres.
Pour les EIRL créées avant le 14 février 2022, leur existence n’est pas remise en cause. En revanche, leur patrimoine professionnel ne peut plus être modifié et le statut unique d’Entrepreneur Individuel (EI) s’applique à toutes les nouvelles créances.
Les charges d’un freelance dépendent de son statut. Un micro-entrepreneur est redevable de la cotisation BIC ou BNC et de l’impôt sur le revenu. Un entrepreneur en EURL verse ses cotisations à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI) et peut opter pour l’Impôt sur les Sociétés (IS) ou l’Impôt sur le Revenu (IR). Enfin, un entrepreneur en SASU dépend du régime général de la Sécurité sociale et peut également choisir son impôt entre l’IR et l’IS.
Quel que soit le statut de leur entreprise, tous les freelances sont redevables de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) et de la Contribution à la Formation Professionnelle (CFP).
Les principales aides financières pour démarrer une activité de freelance sont l’ACRE (Aide aux Créateurs ou Repreneurs d’Entreprise) et l’ARCE (l’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise). La première repose sur une exonération temporaire des cotisations sociales tandis que la seconde correspond au versement d’un capital à partir des allocations chômage. Les deux dispositifs dépendent de France Travail, au même titre que l’allocation d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE).
D’autres aides sont possibles sous certaines conditions comme la prime d’activité versée par la CAF ou les aides de l’Agefiph pour les travailleurs handicapés. Des microcrédits à 0% d’intérêt ou des aides locales sont également disponibles en fonction des régions.